Témoignages

 

Vous avez rencontré une sage-femme, vous avez établi avec elle une relation privilégiée, elle vous a accompagné pendant votre grossesse, la naissance de votre enfant, les semaines qui ont suivi...  Cette page est destinée à accueillir vos récits.

Si vous souhaitez faire paraître vos témoignages sur ce site, merci de les faire parvenir par email à . Merci de noter que dans tous les témoignages, la sage-femme devra être nommée Isabelle.



La naissance de Liu


11 septembre 2006. On se rapproche de plus en plus du jour J (le 22 septembre)
La journée débute comme d'habitude, à part que je me lève un peu plus tôt que les autres jours. J'attaque la matinée comme les précédentes pendant que Marc bricole (p'tit déj', ménage, repas du midi).
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Le témoignage de Marie-Laure et Siegfried


Je suis tombée enceinte en janvier 2006. C'était ma première grossesse. Je me suis posé la question du suivi de ma grossesse et du choix de la maternité. Je n'avais pas envisagé d'emblée l'accouchement à domicile. Non que j'en avais une vision négative, mais ça ne m'était pas venu à l'esprit. Plusieurs raisons m'ont conduite à contacter Isabelle...

... suite au format pdf ici


Le témoignage de Florence et Samuel


S'il fallait caractériser l'accompagnement d'Isabelle à la grossesse, puis à la naissance de notre enfant, le mot " ouverture " nous semblerait le plus adapté. Toutes les possibilités sont offertes, aucune sensation d' " emprisonnement ", de la parole constructive, une grande capacité d'écoute et de la disponibilité. Tout ceci nous a permis de vivre les évènements souplement.

Une de ses forces et sa richesse est de ne pas nier le milieu médical et les plateaux techniques hospitaliers. Leurs compétences sont reconnues, et utilisées si besoin est, dans une juste mesure.

Cet accompagnement donne l'opportunité au couple de s'exprimer ; pas uniquement comme il pourrait se l'imaginer, mais comme il en a le besoin et l'envie sur le moment. Le couple s'inscrit en tant qu'acteur dans un processus de maturation qui lui est personnel.

L'approche ouverte et bienveillante permet d'annihiler des peurs, de réguler des tensions qui n'ont ensuite plus lieu d'être. Le bénéfice sera d'accueillir un bébé au sein d'un environnement allégé.

L'arrivée de notre enfant a généré chez nous une sensation de plénitude, de sérénité. Ceci à l'image de la prise en charge proposée.

Processus naturel, sans rupture, qui se poursuit par un accompagnement individualisé à domicile. Constance, cohérence, échange privilégié qui permettent de vivre les choses posément, de digérer les émotions.

Naissance qui se réalise dans l'intimité qui lui revient, saveur suave qui autorise l'émergence de la chaleur familiale à sa juste valeur.

Ceci n'est que la petite partie visible de l'iceberg. En effet, un grand nombre d'entraves ont été levées, consciemment ou non, facilitant ainsi l'accouchement et l'accueil de bébé.

Les découvertes furent nombreuses …

… merci Isabelle.


Le témoignage de Laurence


Un mois après, je prends enfin le temps de te répondre. Il faut dire qu'un petit bout de chou ça prend du temps... Donc mes motivations pour l'accouchement à domicile : je trouvais l'idée intéressante, et, ayant de la famille au Canada où la chose se pratique couramment, j'y avais réfléchi avant même de savoir si j'aurais un enfant ou pas. Enceinte, la première idée qui me soit venue à l'esprit est que la grossesse n'est pas une maladie. Or l'hôpital est fait pour les malades. Je n'avais donc pas envie de m'y retrouver pour mettre au monde mon enfant. En outre, je n'ai pas une grande confiance dans le corps médical, que je trouve beaucoup trop interventionniste et qui a une fâcheuse tendance à traiter le patient comme un objet. Mon corps m'appartient, et j'entends savoir ce qu'on lui fait subir et pourquoi. Et puis le fait que la plupart (90 %) des êtres humains de cette planète soient nés à domicile... C'est donc naturellement que j'ai cherché à savoir s'il était possible d'accoucher chez soi en France.

Je suis tombée par hasard sur un petit livre qui s'intitule : pour une naissance à visage humain, et dans lequel l'auteur expliquait qu'à plusieurs reprises l'OMS avait interpellé le corps médical français concernant ses pratiques, à savoir un taux excessif d'épisiotomies et de césariennes. Il y était aussi mentionné les expériences menées aux Pays-Bas et les changements que cela avait occasionnés puisque actuellement seulement 30 % des accouchements ont lieu à l'hôpital. Et je ne parle pas des pratiques dans d'autres pays d'Europe et d'ailleurs.

Dès le troisième mois j'ai été suivie par une sage-femme qui pratique des accouchements à domicile, sans avoir cependant définitivement pris ma décision. Je suis parallèlement allée visiter un hôpital qui possède une salle de naissance aménagée spécialement pour les femmes qui veulent un accouchement le plus naturel possible. Le discours et l'objectivité, ainsi que le recul dont cette sage-femme a fait preuve par rapport aux pratiques actuelles ont fini de me convaincre. Ces arguments, étaient d'une limpidité et d'une évidence que personne ne pouvait remettre en question. C'est ainsi qu'elle m'a appris l'impact de la péridurale sur le travail et sur le nourrisson, qui est loin d'être anodin ; les infections dues à des auscultations trop répétées, la position allongée qui fatigue le bébé parce qu'il ralentit le travail ,la perf ou le monitoring qui empêchent la mobilité, les gestes systématiques sur la mère ou sur l'enfant... Elle m'a bien évidemment expliqué que tout accouchement ne pouvait forcément se passer à la maison et qu'il ne s'agissait en aucun cas de rejeter l'éventualité d'aller à l'hôpital, car il ne s'agissait évidemment pas de mettre en danger ma vie ou celle de mon enfant. J'ai d'ailleurs déposé un dossier et eut l'aval de l'obstétricienne de la maternité (qui connaît bien la sage-femme et ses pratiques) pour mon accouchement domicile.

Tout un travail de préparation s'est fait pendant les 6 mois où j'ai rencontré Isabelle, ma sage-femme et un lien de confiance s'est établi. Elle a répondu à toutes mes questions, à mes angoisses et mes doutes sans compter son temps.

Globalement, je voulais être active et libre pendant mon accouchement. Ne pas subir d'intervention inutile sous prétexte du principe de précaution, ne pas être contrainte à telle ou telle position dans le simple but de faciliter la tâche aux personnes m'entourant. N'avoir autour de moi que les personnes que j'aurais choisies, en qui j'aurais confiance, et pas des inconnus. En outre, je ne voulais pas que mon enfant subisse dès sa naissance des gestes qui ne soient réellement nécessaires (le collyre dans les yeux, la distribution de vitamine K, le bain... etc.) J'ai donc pu me déplacer et me mettre dans les positions que me convenaient (essentiellement debout ou en tailleur), prendre un bain, aller et venir, écouter la musique qui me plaisait, me faire masser...et accoucher en position accroupie sur un siège prévu à cet effet. J'avais une confiance absolue en Isabelle qui a été à la fois présente et discrète : une attitude difficile à définir, très juste, exactement à sa place, dans le rôle qui était le sien, à mon écoute et attentive à notre santé. Mon bébé a simplement été pesé une heure après sa naissance, et la sage-femme présente pendant tout l'accouchement et les deux heures qui ont suivi est revenue le lendemain pour le mesurer et vérifier que tout allait bien. Et nous avons vu un médecin un peu après.

Le confort d'être chez soi tant pour moi que pour le papa, l'intimité préservée autour d'un moment si particulier, le choix de recevoir ou non, la possibilité de se reposer (pas d'horaires de repas ou de toilette imposés) : tout ceci n'aurait pas été possible à la maternité.

Bref, ce choix a été réfléchi, et mon projet mené à bien, et j'en suis extrêmement heureuse : on ne m'a pas volé ce moment unique. .


La naissance de Maïa


Maïa est mon premier enfant et même si j'étais néophyte dans la matière d'accouchement, je savais que je voulais éviter à tout prix que cette expérience (y compris la grossesse) soit médicalisée si ce n'était pas nécessaire. De plus, étant anglaise, je viens d'une autre culture où la première question que le monde médical vous pose quand vous êtes déclarée enceinte est "vous voulez accoucher à la maison ou à l'hôpital?". Des milliers d'années lumières de la France donc.

Une amie nous a fait part de son bel accouchement en clinique avec Isabelle. Nous sommes partis avec elle sur un projet d'accouchement à domicile. Rien que le suivi global m'a fait grandir, assumer ce rôle pleinement. Pendant que les copines devaient se contenter de 15 minutes par mois chez leur gynéco (le temps de regarder sous le capot et rien de plus) pendant une heure nous passions la totalité de l'expérience de la grossesse sous la loupe. Au rendez-vous du 7ème mois, Isabelle m'a dit "je ne le sens pas encore ce projet"/ Ce qu'il me fallait pour me pousser à travailler encore sur moi-même. La préparation d'accouchement m'encourageait encore plus à assumer cette naissance, à voir qu'elle appartenait à moi et non pas à Isabelle.

Après une longue journée, mes contractions ont commencé en beauté vers minuit. A 4h, nous avons appelé Isabelle - quelle chose magnifique qu'on pourrait l'appeler au milieu de la nuit, qu'elle était là pour nous, qu'elle faisait partie de cet aventure même quand ça tombait au milieu de sa nuit de sommeil. J'ai continué de bosser, gérant bien mes contractions. Entre-temps, mon mari a fait toute jolie la chambre, fleurs, bougies, encens. Isabelle est arrivée vers 6h30, a écouté le bébé et a regardé ma dilatation - j'étais à 3cm. Puis elle a pris ma tension : et là, mauvaise nouvelle - elle était très élevée. Nous avons décidé d'attendre un peu pour voir si elle redescendait. Isabelle a la chance d'avoir un plateau technique dans une clinique. On savait qu'on pourrait s'y rapatrier s'il le fallait. Et il l'a fallu. J'ai eu un moment de regret que mon enfant ne naîtrait pas chez moi. Mais qu'un moment. Tout le long de la préparation, Isabelle avait insisté sur l'importance de l'accouchement lui-même, et non pas son lieu. Nous sommes partis.

Malheureusement, m'a fille a décidé de naître le jour de la grève totale des transports en commun. Le trajet qui aurait dû durer 20 minutes en temps normal a duré 1h15. Les contractions que j'avais si bien gérées debout dans ma chambre étaient carrément autre chose dans le siège arrière d'une 205. Je me suis faite toute petite dans ma tête, j'accueillais les contractions sans la moindre possibilité d'ampleur dans mes mouvements. J'ai fait des petites contractions, à la taille de la voiture, en regardant le ciel gris d'octobre. Isabelle roulait à côté sur sa moto et me demandait comment j'allais. Vincent chantait tout le long du trajet. Arrivée enfin à la clinique, je me précipite vers la porte - je n'avais une seule envie : enlever tous mes fringues et m'y mettre en liberté! Je ne craignais pas mon accouchement, mais pendant 1h15 j'ai dû me contenir - j'étais prête à me lâcher. Mais, il n'y avait pas de salle d'accouchement libre! On m'a mis dans la salle d'attente - et là c'était le pire - à 4 pattes en train de gémir pendant que les gens achetaient du Coca et des gâteaux derrière moi. "Je n'arriverai pas" je me disais. "Il va falloir une péridurale, une épisio, des forceps, anesthésie générale - je n'arriverai pas." Mais j'arrivais dans le phase de transition et depuis j'ai entendu que c'est souvent à ce moment là qu'on doute de ses forces. Enfin, une salle qui était en travaux a été libérée, les artisans sortant avec leurs outils au moment où j'entrais. J'ai enlevé tous mes vêtements d'une rapidité - je suis assez pudique en général! - et là encore il a fallu faire du monitoring pour un moment - encore une fois j'étais inhibée dans mes mouvements. Isabelle a constaté que j'étais belle et bien à 10cm. Puis enfin libérée de ces sangles horribles, je me suis mise debout pour donner naissance à ma fille. Dans la préparation, Isabelle nous a appris (ô quelle idée radicale!) qu'il ne fallait pas pousser (ce qui inhiberait le réflexe d'éjection du bébé) mais plutôt s'ouvrir à l'aide de sons pleins et profonds. J'avais tendance à me lever sur les pointes de pied comme pour fuir l'intensité des contractions donc Isabelle et Vincent se sont mis à mes pieds pour m'ancrer au sol et ils faisaient ces sons comme deux moines tibétains. Ca me paraissait ridicule, inutile face à l'ampleur des contractions mais je n'avais pas d'autre idée à proposer donc je m'y suis mise aussi. Et ça a marché! En m'ouvrant, je sentais littéralement que Maïa poussait elle-même pour sortir...c'était rapide il me semble, la tête d'un coup, le corps du coup suivant...elle pleurait même avant que ses pieds se dégageaient de moi. Puis assise sur la bouée en attendant le placenta, avec les bras de Vincent qui m'enlaçait et Maïa qui nous regardait de ses grands yeux.

C'était le moment le plus intense, le plus fort de toute ma vie et du fait que Isabelle l'a partagé avec nous, je la considérerai pour toute ma vie comme un membre de ma famille. Peu importe que cette relation soit réciproque ou non, Isabelle nous a accompagné à chaque moment sur ce chemin, avec tendresse, fermeté, douceur et honnêteté. Ce qu'elle fait (et vous autres sages-femmes) est un sacerdoce, un rôle primordial et sacré. Ne vous laissez jamais abattre par la méconnaissance qu'on peut porter à votre égard. Vous êtes dans la justesse et j'ai l'intime conviction qu'un jour vous pourrez exercer librement en France.


La naissance d'Inda


Il y a un an, j'avais décidé de vivre mon accouchement à domicile et Julien était partant et confiant pour cette aventure.
Ce choix m'a toujours apparu évident, clair, simple. J'espérais que le cours des choses aille aussi dans ce sens.

Et le passage de Inda, du dedans au dehors, je l'ai vécu tel un chant d'amour. Jamais je n'avais vivre la naissance de notre fille ainsi ! A chaque contraction, je chantais, voyelles, sons, mots sortaient de ma bouche. Mon chant me permettait de bien vivre l'ouverture si physique du bassin. Du chant au oui, du oui au cri.

La naissance a eu lieu dans la salle de bain, l'après-midi. Toute la nuit, j'étais debout, faisant des 8 dans mon bassin, tantôt contre le mur dans la cuisine, tantôt dans le salon, tantôt dans la salle de bain. Chez moi, dans notre univers.

J'ai donné la vie assise sur le siège d'accouchement, Julien derrière moi, en soutien, en présence, Isabelle devant moi,assisse en tailleur, patiente, présente, nous offrant l'espace juste pour vivre cet évènement à notre rythme. M'abandonner au mouvement de la vie…sans refus, sans blocage, sans forcer… voilà la clef pour moi ! Je ris aujourd'hui de mes hésitations lors de l'accouchement … mais, dans le feu de l'action, s'asseoir sur le siège voulait dire amplification des contractions et de la douleur … voulait dire aussi rencontre plus rapide avec notre fille … Ah ! M'abandonner au mouvement de la vie … sans forcer ! J'ai osé regarder venir la poche des eaux dans le petit miroir présenté par Isabelle … Surprise ! Beauté de cette forme blanche, luisante, telle un œuf ! Surprise lorsqu'elle a éclaté comme un de ces ballons suspendus, gonflés d'eau, dans les kermesses ! Joie ! Rires !

Souvenir d'avoir oser toucher la tête de Inda qui arrivait, à la troisième fois ; j'ai vibré de tout mon être, c'était comme si j'étais devenue la même matière que ma fille, nous étions ces vibrations, nous étions à l'unisson.

Julien est allé faire pipi dans le jardin et est revenu : mon dossier humain ! Mon dossier si précieux pour me fondre dans le mouvement de la vie qui appelait à sortir. Il en a eu des courbatures aux bras et aux jambes !

J'ai senti un grand froid m'envahir, la neige en moi ce 1er juillet ! Après, il y a eu ce dépassement de moi-même, j'ai franchi les limites que j'avais imaginées. Mon corps s'est ouvert, mon corps a crié pour laisser venir la tête entière et tout le corps du bébé ! J'ai eu la sensation que le bébé était un poisson jaillissant de la mer, ou une grenouille qui saute en sortant de sa mare.
Ca y était enfin ! Le cri du bébé, la serviette pour l'enrouler, le cordon entre nous, la voix de Julien qui n'en revenait pas. J'étais fatiguée, stone, mais quand l'enfant était là sur moi, sa chaleur, sa couleur, ses yeux … c'était à la fois évident et incroyable. Nous étions trois, nous sommes réunis pour … notre vie !

Merci beaucoup, Isabelle, de nous avoir accompagnés et de permettre de vivre l'arrivée d'un bébé dans une telle simplicité.
Audrey


Pour ma part, je n'ai qu'un mot à rajouter : simplicité. Merci, Isabelle, pour ta grande force tranquille.
Julien



Elinor ou une arrivée en trombe…


Le travail traînait en longueur sans grande efficacité sur le col depuis dimanche matin. La sage-femme, Isabelle, est passée lundi en fin d'après-midi pour constater que ça ne bougeait a priori pas, le col reste très postérieur même s'il est mou ; bref, ça peut encore durer un jour, deux, qui sait ? La soirée se passe donc normalement, les enfants sont au lit, on est en bas et on regarde des épisodes de Star Trek. Au fur et à mesure les contractions se font plus longues et plus intenses mais quelque part je me voile la face, je n'y crois plus à cet accouchement, on est arrivés à presque deux jours du terme ! Pas moyen de dormir, donc toujours DVD et broderie en alternance avec aussi des massages du dos par Philippe, jamais assez, et recours à la bouillotte, formidable.

Je laisse filer le cours des choses mais à 2 heures du matin, il faut se rendre à l'évidence : les contractions sont espacées encore d'environ 6-8 minutes, mais elles me clouent sur place. Je ne les supporte à peu près qu'en étant debout, ou très vite en me suspendant à ce que je peux, de préférence le haut d'un meuble ou d'une porte ! Entre deux, un peu crevée, je récupère en me vautrant dans le canapé... Si j'ai le malheur d'être assise, ou pire allongée, la douleur est terrible. Autre posture qui soulage, assise sur les WC, on fait comme on peut ! Je gémis doucement "descends bébé, tu peux venir, descends" en me pendouillant donc… et finis par suggérer à Philippe d'appeler Isabelle, pensant que là quand même ça a dû avancer.

Là, Isabelle nous annonce qu'on vient de l'appeler pour un autre accouchement, le cas de figure rarissime… mais fallait que ça nous arrive ! Je lui décris la situation, et comme l'autre maman a déjà perdu les eaux et pas moi, on convient qu'elle va d'abord la voir et ensuite nous appelle pour voir quel travail est le plus avancé. En raccrochant, on se dit avec Philippe que ça se corse, mais que bon, ça peut encore durer plusieurs heures a priori, donc pas de panique…

L'ennui c'est que dans la minute qui suit, j'ai une énorme contraction alors que je me relève du canapé, avec déjà une sensation de poussée... Je me dépêche et m'appuie contre le montant de la porte, et vlouf, la poche des eaux se rompt dans un grand splash, sous les yeux interloqués de Philippe. C'est sûr qu'a posteriori on s'est dit que le canapé et le tapis avaient eu chaud !

Là Philippe décide de prendre l'initiative, et me propose d'aller à la maternité sans attendre la SF. Mais à ce moment-là je suis passée en mode instinctif et je dis non, je ne mets pas un pied dans la voiture, c'est maintenant, le bébé va arriver. Philippe est assez incrédule, mais je fonce dans la salle de bains, l'envie de pousser est de plus en plus implacable. D'abord assise sur les WC, je me relève dans un état de transe ou presque, je crie à Philippe de venir et de rester là, et surtout de récupérer le bébé (une phobie de voir le bébé tomber sur le carrelage) et m'accroche au bord de la vasque, toute tremblante et prise dans l'effort de poussée qui me dépasse. Le fait de me voir dans le miroir est assez étrange, et je plonge la tête dans le lavabo pour ne penser à rien d'autre qu'à ce bébé qui arrive... Une poussée, je beugle élégamment et la tête passe, Philippe n'en croit pas ses yeux et me demande ce qu'il doit faire : tirer dessus ? Non non, je souffle qu'il peut me laisser reprendre un peu d'air, qu'il va y avoir une nouvelle poussée et qu'il doit juste rattraper le bébé (mon obsession !). Nouvelle poussée et hop, après un bref écartèlement, je sens l'intense soulagement d'un bébé qui sort, tout simplement... et re-splash, mais Philippe récupère le bébé (ouf) et j'aperçois juste quelque chose de rose. Il me dit "j'en fais quoi ?" avec le cordon qui la relie toujours à moi, forcément je la prends dans mes bras et la respire, l'accueille pleinement... avant de revenir sur terre avec Philippe qui me tend une serviette et dit qu'il va tout nettoyer ! Je m'assois sur les WC avec mon petit paquet enveloppé dans sa serviette, elle est belle, toute chaude, un peu de vernix sur les épaules mais le visage tout propre, un peu de cheveux, des yeux qui s'ouvrent et des petits miaulements. On prend conscience de ce qui nous est arrivé, et on savoure pendant que là-haut, ça roupille toujours…

Isabelle rappelle alors pour prendre des nouvelles, et comme Philippe annonce qu'on est désormais vraiment 3 à l'attendre, elle conseille simplement de garder bébé bien au chaud et annonce son arrivée dans la demi-heure qui suit. Entre temps Philippe nettoie le sol…, et je vais m'allonger dans la chambre à côté, toujours connectée à Elinor, dans une nouvelle serviette, mais contre moi, sur ce ventre qui paraît déjà si flasque.

Philippe et moi avons à peine le temps de réaliser que ce bébé est arrivé sans autre intervention que moi qui pousse et lui qui réceptionne ! Scénario pas prévu mais qui à part une dose de stress de dernière minute s'est bien déroulé... Il devait être à peu près 3 heures quand Elinor est née.

Isabelle arrive et constate que tout va bien : bébé ok, placenta ok quoique déjà un peu calcifié, maman ok, première mise au sein ok... du velours ;-)

Elinor est pesée, 3,650 kg et puis retour au sein, et on s'occupe de la paperasse dans la douceur de ces drôles d'instants un peu hors du temps.

Il est 5h30 quand Isabelle nous quitte pour rejoindre l'autre famille, dont le bébé attend sagement sa présence pour pointer le bout de son nez, lui… et Philippe va finir par rejoindre notre lit, en me laissant avec Elinor pour récupérer un peu. A 7h30 le fiston déboule en réclamant son p'tit déj, mais quand son père lui annonce que le bébé est arrivé, ses yeux s'écarquillent et il fonce le dire à Rozenn pour ensuite venir découvrir leur petite sœur : ils sont tout câlins, et finalement on se dit qu'on ne s'est pas vraiment posé la question, dans le feu de l'action, de les déposer chez des amis ou non. Ils n'ont pas été bousculés, mais n'ont pas été présents non plus directement, et c'est tant mieux.

Voilà pour nos aventures domestiques !



La naissance familiale de Kohai, notre troisième enfant


Enfin, le jour « j » arrive (dpa +8), je commence à avoir des contractions faibles vers midi, je ne sais pas si c'est le "vrai travail" ou non, le matin Isabelle m'avait emmenée marcher 2h, vers 14h les contractions commencent à être un peu plus fortes, je suis assise en tailleur sur mon lit, je me relache sur chaque contraction ce que j’ai fait souvent en tai chi mentalement, les volets en bois sont fermés, la lumière passe à travers les lattes, ça va, il ne fait pas trop chaud et puis l'intensité des contractions progressivement augmente, je me mets debout et marche dans ma chambre, mon fils vient me voir, entre deux contractions nous discutons, et puis je lui demande de sortir, j'ai besoin d'être seule, je marche, je me penche en avant à chaque contraction, je fini par aller m'accouder à la fenêtre, ça fait du bien, de m'étirer un peu vers l'avant, la luminosité est beaucoup moins intense il doit être 16h, de jolies formes orangées dansent sur le mur en face de la fenêtre, Isabelle me dit qu'elle est sur la terrasse avec mon mari, ils préparent la piscine gonflable, et ses affaires, moi je suis toujours à ma fenêtre, puis elle vient me chercher, et me propose de me mettre dans la piscine, j'y entre, l'eau n'est pas assez chaude à mon goût aussi je garde près de moi le tuyau d'arrivée d'eau chaude, je suis à genou, un peu penchée vers l'avant, être dans l'eau est vraiment agréable car mon poids ne pèse pas sur mes genoux. Je commence à grogner sur chaque contraction, mon mari me fait remarquer que l es voisins vont se demander si on n'est pas entrain de faire l'amour bruyamment, ça me fait rire, mais l'intensité des contractions me rattrape, elles sont beaucoup plus rapprochées et fortes, Isabelle me propose de respirer moins vite et de souffler régulièrement plus longtemps, je ne trouve pas ça facile, de toute manière j'ai l'impression de me contenter de "survivre" je ne contrôle rien, c'est mon corps qui fait tout : quand je bouge, me balance, quand je respire ou crie, rien n'est "décidé", je crois qu'Isabelle me parle mais je ne l'entends pas, je suis dans ma bulle, les contractions se succèdent, je les vis une par une, j’apprécie le repos entre chacune, je finis pas changer de position j'étends une des jambes sur le coté (la droite), l'autre reste à genou, et je suis toujours penchée vers l'avant appyuée sur le rebors de la piscine, là je trouve les contractions presque insupportables, je sorts de ma bulle et demande à Isabelle combien de temps elle pense que ça va prendre encore, elle sourit et me dit juste "pas longtemps, tu y es presque ». Puis "veux-tu que les enfants viennent", je lui réponds "non, pas maintenant". Ma fille (10 ans ) et mon fils (7 ans) sont dans leur chambre, quelques contractions plus tard j'ai envie de pousser et je sens que tout mon corps est parcouru d’une étreinte puissante, il pousse très fort, je m’arc-boute contre le bord de la piscine, bébé sort la tête puis son petit corps, Isabelle l'attrape et me le mets dans les bras je suis ... C'est indescriptible...heureuse, aux anges, dans les vap, je mets bébé à téter, ses yeux sont grands ouverts, il me regarde, puis regarde tout le monde, il n'a pas crié mais respire bien, je le garde serré contre moi et je lui murmure "Bienvenue mon amour" les enfants et mon mari entre temps sont venus sur la terrasse, ma fille très impatiente me demande « alors, c'est un garçon ou une fille ? » (j'ai quand même mis plus de 10 min avant de regarder !). Je me décide à le desserrer un peu de moi et j'annonce "c'est un petit gars", ma fille est très déçue : elle aurait voulu une petite sœur... elle va dans sa chambre mais ça lui passe vite elle revient en déclarant "bon, ben c'est pas grave !" voila, Kohai fait partie de la famille, son grand frère lui fait un petit bisou, comme le cordon a cessé de battre, Isabelle le clampe et propose à mon mari de le couper, il préfère décliner. Il prend bébé dans ses bras et je sorts de la piscine pour l'expulsion du placenta... Il fait nuit, il est 19 h et la famille vient de s'agrandir...

Avec un remerciement chaleureux à Isabelle qui a si bien su nous accompagner en nous laissant toute notre autonomie et notre intimité familiale.


Paula, Polynésie française



La naissance d'Honoré


Nous sommes tellement heureux d'avoir vu naître notre petit Honoré chez nous, dans le calme de notre petit village, dans la sérénité de notre campagne. Nous voudrions remercier les sages-femmes libérales qui prennent le risque d'être dérangées pour accueillir la vie quand l'enfant frappe à la porte...Quelle discrétion, quel professionnalisme, quelle écoute, quel respect du couple et de la famille.
Pour Hubert, ce fut apaisant, tranquille, sécurisant...Pas l'anonmymat d'une salle d'accouchement quelconque mais la chaleur de notre foyer sans les artifices perturbateurs que sont la lumière, le bruit permanent, le monitoring incessant...
Pour moi, ce fut le calme, le repos, un respect de mon rythme sans visite répétées de pédiatre, auxiliaire de puériculture, sage-femme, puéricultrice par la suite...Toujours Isabelle notre référente sachant être présente juste au moment clé, à l'instant où la demande se fait sentir, une politique non-interventionniste en somme.
Moi qui recherchais surtout à éviter la perfusion d'ocytocyne, l'épisiotomie ou la césarienne inutile, les étriers inadéquats à la situation, les conseils moralisateurs, la possibilité de tomber sur une personne avec qui le courant ne passe pas pour vivre un moment aussi magique et bien non seulement ce fut cela mais bien plus encore car j'étais concentrée sur l'accueil de notre enfant et non sur le discours du personnel. Je n'avais rien d'autre à faire que de recevoir, la réceptivité totale avec des contractions fortes certes mais pas de surcharge supplémentaire de tension à gérer. Mon mari était disponible lui aussi et non à essayer de calmer le jeu de négociations infinies avec des équipes trop scrupuleuses de suivre un protocole qui les protège et les enferme à la fois...
Bref, ce fut beau. Nous trouvons Honoré calme et serein à l'image de sa naissance : est-ce un hasard? Si tant est que le hasard existe...



La naissance de Paul


Paul est né le 21 octobre 2005 à notre domicile, avec l'aide d'Isabelle, sage-femme libérale.

Témoignage de Nathalie, sa maman

C'était mon premier accouchement. Celui-ci a duré près de 12 heures avec des contractions toutes les 30 secondes/1 minute. Je ne supportais pas la position assisse ou couchée. Debout la majeure partie du travail, j'ai fini accroupie, soutenue par mon mari assis derrière moi.
Je ne regrette pas d'avoir choisi la " formule maison " qui a répondu à mes attentes :
- J'étais chez moi dans mon cocon, totalement libre de mes mouvements et j'avais le droit de boire et de manger.
- A la différence des " sages-femmes d'hôpital " qui doivent se partager entre plusieurs accouchements, ma sage-femme, ma sage-femme était totalement disponible pour moi et c'est important (surtout pour un premier accouchement).
- Comme elle m'avait suivie pendant toute la grossesse, elle savait comment je réagissais et je savais comment elle fonctionnait. Je lui faisais donc entièrement confiance et nous étions sur la même longueur d'onde le jour J. Par exemple, elle attendait que je sois prête pour écouter les battements du cœur du bébé et jamais elle ne m'imposait le moment.
- Bébé est n é dans notre chambre bien chauffée, avec une lumière tamisée, au calme. Isabelle nous a laissé le temps de faire connaissance tous les 3 et Paul n'a pas eu à subir dès les premières minutes de multiples tests qui peuvent attendre. Du coup, il a à peine pleuré et était très calme.
Mes conclusions :
J'ai eu la maîtrise de mon accouchement.
Ni Paul, ni son papa, ni moi n'avons été stressés.
Pour un accouchement normal, je ne suis pas sûre que l'hôpital soit le lieu adapté. En fait, ce n'est pas un environnement médicalisé qui est sécurisant mais d'être accompagnés par une personne d'expérience, entièrement à ce qu'elle fait.

Témoignage d'Olivier, son papa

De nature, je suis inquiet. Pendant la grossesse, cette inquiétude a grandi et, lorsque ma femme m'a annoncé qu'elle souhaitait accoucher à la maison, la peur et l'angoisse m'ont envahi. Malgré une sage-femme avec une expérience de 20 ans, rien ne me rassurait. Enfermé dans mes idées, celles que l'on se donne d'un accouchement à l'hôpital, la maison n'était pas, pour moi, le lieu approprié pour une naissance. Des questions se posaient, comme l'hygiène, l'assistance … bref, les questions d'un père angoissé.
Après de multiples conversations entre ma femme et moi, j'ai tout de même accepté cette expérience (on avait quand même constitué un dossier à l'hôpital en cas de problème et, de toute façon, Isabelle le prévoit systématiquement).
Ma femme a commencé à avoir des contractions vers 1h30 du matin. Vers 5h, j'ai appelé Isabelle qui s'est déplacée aussitôt. Pendant le travail, je me tenais à disposition, épaulant aussi mon épouse. En observant Isabelle dans ses démarches, je ressentais un apaisement et le stress est tombé pour laisser place au bien-être ( c'est difficile à décrire !).
Vers 12h30, la tête de bébé a commencé à apparaître et les douleurs de ma femme étaient encore très fortes. On se sent tout petit et faible dans ces moments. A 12h50, notre petit garçon arriva et le bonheur nous gagna.
Mes conclusions :
Tout s'est vraiment bien passé et Isabelle a vraiment fait du bon travail.
Cette démarche peut paraître folle mais c'est en fait une expérience fantastique et, surtout, sans danger.


Le témoignage de Katy

J'ai accouché en 17 jours, de façon progressive, avec une fausse alerte puis un lent travail (4cm de dilatation 2 jours avant l'accouchement). Le tout s'est fait à la maison !

J'aurais voulu accoucher à la maison dès la première fois, mais les circonstances ne l'avaient pas permis.
Cette fois, vers deux mois de grossesse, je téléphone à Isabelle, la sage-femme la plus proche de chez nous accompagnant les accouchements à domicile. Première surprise : je pensais qu'elle voudrait nous rencontrer, genre " examen d'entrée ", mais non, elle me dit aussitôt que c'est possible pour la date prévue que je lui indique, le 23 septembre, et nous prenons rdv.

Deuxième surprise, elle ne m'examine pas le col de l'utérus, me demandant doucement, devant mon étonnement, si je ressens tel et tel symptôme qui indiqueraient qu'il vaut mieux y regarder de plus près. Comme il n'en est rien, pas besoin ! La femme sent elle-même ce qui se passe dans son corps ! Je le savais, mais les habituelles pratiques du corps médical ne vont pas dans ce sens… (mon médecin avait insisté pour ausculter le col vers 1,5 mois, puisque je ne rencontrais alors aucun spécialiste, au cas où je présenterais un problème non identifié, et lui en voudrais ensuite de ne pas l'avoir diagnostiqué. Mais enfin, si problème il y avait eu, je l'aurais senti !!!). Je sens mes bébés bouger très tôt, aux alentours de la première échographie, mais tant médecin que gynéco m'affirmaient que c'était trop tôt. Heureusement qu'Isabelle m'a confirmée dans mes sensations, car ces deux messieurs m'avaient fait douter. J'ai comme ça d'autres anecdotes, nous en avons toutes…

Bref, les mois passent, nous allons voir Isabelle chaque mois. Nous partons en Espagne de fin juin à fin juillet, et au retour moult contractions de " ventre dur " me font m'inquiéter. Pendant les congés d'Isabelle, je consulte une autre sage-femme pour me rassurer. Le 9 septembre, des contractions plus fortes me réveillent aux alentours de minuit ; vers 7 heures, tout se calme, fausse alerte. Des contractions par période les 15 jours suivants font avancer le travail, et le gynéco pour la visite du 9ème mois commence à m'évoquer ce qui arriverait si le terme est dépassé, me causant de l'inquiétude. A la sortie de la visite, bébé s'est mis à pousser très fort vers le bas, sans doute mécontent d'avoir été " touché " beaucoup moins doucement que ne le fait Isabelle !

Vendredi 23, jour du terme, visite chez Isabelle : tout va bien. Nouveau rdv fixé au dimanche à 17 h. Samedi matin la maternité nous téléphone dès 9 h : " vous savez que vous avez dépassé le terme ? Que comptez-vous faire ? " ; l'après-midi arrive ma maman pour une semaine, et vers 2 h du matin le dimanche, des contractions me réveillent, et m'annoncent que cette fois bébé ne devrait plus tarder à pointer le bout de son nez ! Je me lève pour préparer les lieux, ma maman de même, m'ayant entendue. Nous nous recouchons, puis j'appelle Isabelle vers 7 h ; à 8 h elle arrive, nous prenons le petit-déj tous ensemble. Mon col est dilaté à 6 cm - seulement ?! Ensuite je me douche, finalement ça se transforme en bain. La fatigue m'assaille, et je pars me reposer dans notre lit, dans un demi sommeil rythmé par les contractions qui prennent du volume. Vers 11 h je me lève et commence, toujours seule, j'en ressens le besoin, à arpenter la chambre de nos 2 garçons, située à l'étage à côté de la nôtre. Vers midi, j'évoque, heureuse, une œuvre d'art en train de se produire, et des contractions belles, profondes et larges. Ma mère part avec nos enfants chez des amis ; ils y attendront notre coup de fil.

Après leur départ, les contractions d'intensifient, j'arpente cette fois la pièce du bas, où nous vivons, en ménageant des pauses pour souffler. Il fait bien chaud, grâce à la cheminée. Au fil du temps les contractions tirent sur mon dos, je cherche alors une position qui me soulagera : à genoux, dos rond. Isabelle me masse le dos ; le travail change de nature. Je songe non sans ironie que l'adjectif " belles " n'est plus celui que je choisirais pour mes contractions !

Vers 15 h Isabelle me propose de m'asseoir sur le siège d'accouchement, car les positions accroupie, ou à genoux, me fatiguent les jambes ; ce siège prévoit une place pour quelqu'un derrière la maman, mon conjoint s'y installe. Et franchement, c'était ROYAL ! Entre chaque contraction, je me repose de tout mon corps contre mon mari, comme dans un fauteuil. Pendant les contractions, je suis quand même dans ses bras, et lui broie les doigts !

Vers la fin : épuisement. J'ai besoin d'avaler quelque chose, mais ni force ni temps pour mâcher. Une idée : le lait concentré sucré ! c'est une saveur d'enfance, associée à mes grossesses au début quand les nausées sont si fortes. Il en restait une boîte, j'avale deux goulées, je bois, et revient un peu d'énergie. Néanmoins, chose extraordinaire, je m'endors entre les contractions, quelques secondes à chaque fois. Je n'avais pas songer dormir en accouchant ! Et tout ce temps, j'émets des sons graves, ça ressemble même par moment à du chant harmonique. La poche des eaux se rompt juste avant la sortie du bébé : drôle de sensation, une onde. La tête sort, puis le reste. Purée, je ne me souvenais pas qu'un accouchement, c'était aussi intense. Pas question d'en faire un autre ! Mon mari me demande aussitôt le sexe du bébé : je lui réponds de me laisser souffler. Quelques instants plus tard nous regardons : c'est une fille, " elle s'appelle Neïla ", annoncé-je à Isabelle.

Neïla se révèle être un bébé d'une sérénité extraordinaire : la naissance a été à son rythme, un peu lent pour moi, mais finalement, ça ne dure que quelques heures ! Pas traumatique pour elle, et peut-être même que nous ferons un quatrième enfant ! L'avenir le dira.

Je recommande la naissance à la maison à tous les couples qui ne sont pas dans la peur par rapport à l'accouchement. " C'était luxueux " a déclaré mon mari. Nos aînés n'ont pas eu à vivre une séparation d'avec leur maman, en plus d'avoir à accepter la petite nouvelle. Et nous les parents avons vécu cette naissance dans l'intimité, la sérénité, la confiance. Une magnifique expérience !

Katy , Mayenne



Le témoignage de Catherine et Philippe

Il est une heure, nos bras se sont déliés et tu viens de t'endormir près de moi. Mon ventre étranger et familier est plein de mouvements et de tensions, comme chaque soir. Plus que chaque soir ? Cet après-midi au soleil, nous sommes allés marcher avec les enfants. La grossesse est à terme demain, depuis quelques jours nous essayons de marcher davantage, pour lancer l'accouchement. Souvent la nuit, je me suis levée, j'ai pensé à un début de travail, puis les contractions se sont arrêtées. Nous nous sommes impatientés, inquiétés peut-être… Ces derniers jours, et aujourd'hui particulièrement en marchant au soleil, j'ai pris mon parti de cette grossesse qui se termine langoureusement, je suis prête à accepter sereinement, apaisée, que le terme soit dépassé, à laisser à la nature le temps qu'elle exige. J'en souris même, moi qui ne sais rien de la patience ! ...

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Le témoignage d'Elisabeth

Voici le témoignage d'une même femme qui a donné la vie cinq fois dans des lieux et des conditions différentes.

1991 : Un premier accouchement en milieu hospitalier avec de mauvais souvenirs : une immobilisation sur un lit pendant le travail, une péridurale sans doute mal dosée avec aucune sensation au moment de pousser, des forceps et l'intervention d'un gynécologue obstétricien inhumain. Quatorze heures d'une interminable attente car dans un lieu inconnu , neutre et manquant de chaleur.

1994 : Second accouchement dans " une salle de naissance " (à Rennes) avec une baignoire, un grand lit sur lequel le papa a pu s'allonger, une lumière tamisée, aucun appareil médical. Donc un lieu intermédiaire entre la salle d'accouchement classique et la maison ; mais, car il y a un mais, une naissance qui devait se faire " comme les autres ", " comme d'habitude " dans les règles de l'art, c'est à dire en position allongée. En effet, alors que j'ai eu envie de pousser lorsque j'étais accroupie, une sage-femme m'a dit " vous n'allez quand même pas me le faire par terre !! " No comment. C'est à partir de là qu'a fortement mûri dans ma tête et dans celle de mon mari, l'idée de faire naître à la maison notre troisième enfant. Et nous avons eu la chance de rencontrer Isabelle, sage-femme à domicile qui a su répondre à nos questions et rapidement nous rassurer quant à nos doutes.

1997 : C'est ainsi qu'est née Pauline, tranquillement, sans stress, ni contrainte, en pleine liberté de mes mouvements et dans un lieu bien connu, intime et rassurant. A la suite de cette superbe expérience de vie, mon, mari, qui était pourtant plus réticent au départ, m'a dit un jour : " Si nous avons un autre enfant, je souhaiterais revivre ce moment magique à la maison. Il n'y a pas photo ! "

2000 : Nous avons donc " récidivé " trois ans plus tard avec la naissance de Lucille, toujours secondés par Isabelle. Naissance encore plus facile car plus rapide.

2003 : Et dernièrement, une petite cinquième a aussi pointé le bout de son nez à domicile grâce à notre sage-femme attitrée ! Ce qui n'est pas sans importance : une confiance s'est vite établie réciproquement. Isabelle commence maintenant à bien me et nous connaître. Elle me connaît avec mes faiblesses et mes atouts puisqu'elle m'a suivie pendant de longs mois. Je ne suis donc pas simplement un numéro ou une patiente qu'elle n'aurait vue qu'une ou deux fois. Elle connaît mes attentes, mes désirs ou mes refus. Car préparer une naissance avec une sage-femme que l'on rencontre régulièrement permet d'établir un projet de naissance ( unique à chaque fois) qui, on le sait, sera respecté, car discuté ensemble à l'avance. On y parle par exemple du rôle que le papa pourra avoir tant avant (soutenir psychologiquement pendant le travail, aider à déambuler) que pendant (aider physiquement en soutenant la maman . En effet, à la maison la femme choisit elle - même la position dans laquelle elle se sent le mieux pour mettre au monde son bébé. Ainsi, pour Pauline, j'étais à l'aise accroupie, pour Lucille je me sentais mieux debout, et pour Marie, c'est la position assise (sur un tabouret spécial) qui m'a permis de donner la vie pour la cinquième fois) et après la naissance (ranger la pièce, s'occuper du bébé en respectant le naturel de la naissance sans rajouter x soins non utiles et perturbateurs pour le bébé. Voir Docteur Le Boyer et Odent - Gérer les autres enfants et le quotidien.).

Et, après le moment fort de la naissance, j'ai à chaque fois apprécié de ne pas être dérangée à chaque instant pour les prises de température, le bain du bébé, les passages multiples des médecins, pédiatres, puéricultrices etc.… Suite à la naissance de Marie, ce fut même le summum : nous sommes restées six jours toutes les deux à l'étage de la maison comme dans un cocon, sans avoir à s'occuper du quotidien. C'était magique, inoubliable. J'étais chez moi, entourée de mes enfants qui pouvaient venir voir leur petite sœur quand ils le souhaitaient. Ce qui, n'a jamais été gênant ou excessif tant tout s'était fait naturellement, la naissance étant arrivée comme n'importe quel fait quotidien. On avait appris à vivre de suite avec, sans aucun stress de séparation (maman/enfants). Des instants inoubliables pour l'ensemble de la famille, qui plus est pour la fratrie qui ainsi n'a jamais présenté de signes extrêmes de jalousie.

Ainsi fût donné à chacune de nos trois filles, un démarrage dans la vie plus simple, plus serein, plus naturel et plus personnel et donc plus humain que pour nos deux fils aînés.

Elisabeth



Le témoignage de Triphine


Suite à la naissance de notre fils il y a deux ans, Guy et moi nous sommes interrogés sur nos besoins lors de l'accouchement. En effet, malgré la bonne volonté et la compétence de l'équipe hospitalière qui nous avait accueillie, nous avons ressentis tout au long de l'accouchement que nous avions besoin d'autre chose que ce qui nous était proposé :
Tous ces éléments, en plus de notre manque d'assurance et d'un passé un peu lourd qui a resurgit à ce moment là, ont sans doute contribués à l'échec de mon accouchement, et à la naissance de mon fils par césarienne pour stagnation de dilatation à 6 cm. L'arrivée de cet enfant fut pour nous un instant merveilleux, mais nous restions marqués par des frustrations.

Peu après, je me suis rendue compte que même si officiellement mon utérus cicatriciel ne remettait absolument pas en cause un deuxième accouchement par voie basse, en pratique les protocoles hospitaliers étaient encore plus stricts que ceux que nous avions connus, et il me paraissait de plus en plus impossible de " m'ouvrir à la naissance " dans ces conditions. Si bien que lorsque nous avons pensé faire un deuxième enfant, nous avons cherché et trouvé une solution qui correspondait mieux à nos besoins : un suivi global de la grossesse par une sage-femme libérale en prévision d'un accouchement à la maison si possible.

Au huitième mois, notre fille était encore en siège, et il était si important pour moi qu'elle naisse par voie basse que nous avons alors décidé de tout tenter pour qu'elle se retourne : remise en question personnelle, pont indien, acuponcture, ostéopathie… Rien n'y fit, si bien que nous avons finalement tenté une Version par Manœuvre Externe un mois avant le terme. Elle réussi : on est mercredi !!!
Le soir même, j'ai commencé à avoir des contractions tous les quarts d'heure. Je marche et prend des bains chauds toute la nuit pour les accueillir au mieux, mais au petit matin, elles s'espacent et deviennent irrégulières. Je m'inquiète (d'autant que Guy est en déplacement pendant deux jours à l'étranger) et préviens Isabelle, notre sage-femme, qui met ça sous le coup de la version à priori. Le soir venu, les contractions redeviennent plus intenses et régulières (toutes les cinq-dix minutes) et au petit matin, elles redeviennent anarchiques. Je me dit que j'attend probablement le retour de Guy pour accoucher : il revient ce soir !!! Ces 48h sans sommeil m'ont crevées, et du coup je demande à la marraine de mon fils de venir le chercher pour me reposer un peu si les contractions reprennent de plus belle le soir venu. Effectivement, dès 21h les contractions regagnent en intensité et en régularité (toutes les cinq minutes environ). Guy rentre dans la nuit, mais au petit matin, les contractions s'espacent de nouveau… Nous allons chercher notre fils dans la matinée et nous promenons à pieds quelques heures avant une sieste réparatrice… Le soir venu, les contractions reprennent encore toutes les cinq minutes et nous décidons de faire dormir Thomas chez sa grand-mère. J'ai besoin de chaleur et nous montons le chauffage.
Vers 22h-23h, les contractions reviennent toutes les trois minutes, et devant leur regain d'intensité nous décidons de faire venir Isabelle. Dès son arrivée, je lui demande où j'en suis : 5 cm : c'est beaucoup plus que ce que je pensais !!! C'est à la fois encourageant (mon impression de douleur et de fatigue s'évanouissent d'un coup) et un peu inquiétant : je ne peux m'empêcher de penser une fraction de seconde que c'est à 6 cm que j'ai stagné pour Thomas. Je me sens bien : je suis à genoux sur mon lit, et je repense à mes cours de méditation : la position m'aide, ainsi que l'image d'accueillir quelque chose venant du ciel par le haut du crâne (inspiration), qu'il traverse mon corps pour être restitué à la terre (expiration). Mon col se dilate tranquillement. Je sors de mon pseudo état méditatif, l'agitation me gagne : l'inquiétude de stagner à 6 cm me reprend, j'ai besoin de savoir où j'en suis et demande à Isabelle de m'examiner de nouveau : elle refuse une fois en faisant appel à mon ressentit : " -ça à l'air d'avancer ". Je recommence mes respirations méditatives… un peu plus tard, je lui demande à nouveau de m'examiner : j'ai du mal à retrouver le calme de mon " état méditatif " : je suis à 8-9 cm !!! C'est le bonheur, j'ai dépassé le seuil où j'avais stagné pour Thomas : ce coup ci, je vais y arriver jusqu'au bout !!!!
Peu de temps après, mon utérus commence à se contracter en poussant vers le bas : à quatre patte sur mon lit, je ne peut m'empêcher de l'accompagner dans l'expire. Isabelle me conseil alors d'accompagner mes sensations comme je le sent. Je l'aperçois qui change de matériel : ça y est, la fin est-elle si proche ? J'ai hâte…je continue… Puis survient un moment de flottement, je me demande ce qui se passe, je ne sais pas trop où en est le bébé, je voudrais savoir, Isabelle me demande de me faire confiance et d'écouter mes sensations pour le savoir : que ressens-tu ? En fait, rien, à part que mon ventre se raidi ponctuellement… Peu après, je me sens mal, j'ai mal, je me tourne vers Isabelle : que ressens tu ? Une douleur au niveau de ma cicatrice (en le disant, je me rend compte de l'énormité de mes paroles). Isabelle me demande de répéter. En fait, non, j'ai mal un tout petit peu plus bas : c'est la symphyse pubienne, j'ai la sensation d'une incroyable pression venant de l'intérieur, comme si elle allait bientôt éclater, mais c'est cette sensation qui s'évapore… Maïa a passé sa tête de l'autre coté de ma symphyse !!! Je continue à pousser, je commence à trouver ça long, je vais prendre un bain, je reviens sur mon lit, je retourne dans l'eau, je reviens sur mon lit, Isabelle m'examine : ça avance, doucement, mais c'est normal !!! Elle me propose de toucher pour me rendre compte et m'encourager : effectivement je sent la poche tout près mais sans repère c'est difficile d'apprécier l'avancement. Je continue à pousser, j'essaye le tabouret d'accouchement, retourne dans le bain, puis sur mon lit à quatre pattes… Pourquoi la poche ne se rompt pas ? Il y a sûrement une raison, me dit Isabelle, les membranes sont solides !!! Je retourne à quatre pattes sur mon lit, sur le tabouret, puis de nouveau sur le lit et paf, la poche des eaux se rompt !!! La sensation est douce, tiède. Et ça m'encourage de nouveau pour quelque temps…Puis, je commence sérieusement à fatiguer, j'ai mal dans le haut du dos et la nuque : je paye mes trois nuit sans sommeil !!! du coup, je veux essayer de me mettre un peu allongée sur le dos : Isabelle et Guy me soutiennent les jambes : quel confort pour mon dos, j'ai presque envie de m'endormir, puis une contraction arrive : l'horreur, j'ai super mal quand je pousse, une deuxième fois c'est encore pire que la première, et finalement cette position ne repose vraiment pas mon dos : vite, vite, il faut que je change de position avant la prochaine contraction !!!! De retour sur le tabouret, Isabelle me propose de voir moi-même si ça a avancer : j'ai pas franchement l'impression, elle m'examine et me dit que si, seulement ça avance millimètre par millimètre à chaque poussées, alors que moi je pensais plutôt à des centimètres, et que ça devrait déjà être fini depuis longtemps !!! Je pousse, je pousse, Isabelle commence à m'aider en écartant un peu la vulve à chaque contraction, ça m'aide… Je retourne sur le tabouret, dans le bain, mais la chaudière s'arrête et je n'ai plus d'eau chaude. Guy s'absente pour tenter de la rallumer en vain, puis entreprend de constituer un bain en faisant chauffer l'eau dans la bouilloire !!! Pendant ce temps, il me manque et me déconcentre, je lui demande de revenir avec nous, mais je n'arrive plus a me sentir bien quelque par. Je reviens sur le tabouret, je sens la tête du bébé, mais le bébé avance tout doucement à chaque contraction, puis recule un peu après… j'en peu plus, je m'empêche de regarder l'heure à notre réveil depuis 2h00 du matin pour ne pas me focaliser dessus et me décourager, mais j'entend les oiseaux commencer à chanter : j'imagine qu'il doit être environ 6h00, j'ai peur que les contractions s'arrête comme les trois jours précédents, je commence a avoir froid du fait du manque de chauffage… Je me demande pourquoi Isabelle ne me fait pas une épisiotomie : mais elle doit avoir ses raisons, et puis j'aime autant m'en passer !!! Je sens qu'elle commence aussi à s'impatienter, j'essayes de pousser plus fort à chaque contractions, mais je ne les sent presque plus tellement je suis fatiguée : pour m'aider Isabelle me touche le ventre à chaque contraction, et essayes toujours d'écarter la vulve pendant que je pousse…
" - Aie, aie, aie, Isabelle arrêtes, arrêtes de me toucher, ça me fait mal, arrêtes !!!
- mais ce n'est pas moi, mes mains sont là, regardes mes mains… "
J'entrouvre les yeux, je vois les mains d'Isabelle, je réalise qu'il ne me restes plus qu'un tout petit effort à faire, vite j'inspire à fond, je pousse, je sens la tête et le restes du corps du bébé passer. Isabelle le rattrape, la libère de son cordon en deux brefs mouvements (un tour et une bretelle : c'est peut être pour ça qu'elle descendait doucement et que la poche ne se rompait pas !!), et me tends Maïa dans les bras, quel bonheur. Il est 6h40.
Nous emmaillotant Maïa dans une serviette éponge et dans un pull, et nous allons tous les quatre sur le lit, Isabelle vérifie mon état : je n'ai même pas de déchirure. Une fois qu'il a arrêté de battre, elle fait couper le cordon à Guy, me libère du placenta, nous montre la poche du bébé. Elle pèse Maïa : 2, 930 kg. L'eau chaude est revenue, alors je vais vite prendre une douche chaude. Je mets Maïa au sein pendant qu'Isabelle finit les papiers administratifs.
Vers 9h30 Isabelle nous quitte, nous appelons Thomas pour le prévenir de la naissance de sa sœur, et nous nous recouchons tous les trois, quel bonheur de rester seuls, à la maison, Guy, moi et le bébé : on délecte notre bonheur de cette expérience.
Merci Isabelle de nous avoir permis de vivre cette expérience, Guy comme moi en rêvions, et grâce à toi nous avons pu le vivre. Nous savons que peu de gens auraient accepté de le faire, et c'est vraiment dommage, dommage de priver les jeunes parents d'une telle expérience.



Témoignage de Guy



C'est peu après le premier accouchement " difficile " de Triphine que j'ai commencé à en parler et à décrire la place que nous y avions : une future maman " abandonnée " sur un lit entre un superbe appareil d'1 m3 qui fait " bip " et une perfusion, un futur papa sur un tabouret dans un coin de la salle, et de temps en temps la visite d'une " technicienne en accouchement ". Nous avons même eu la visite d'une " super technicienne " qui pratique les anesthésies…pour conclure dans une salle de haute technicité grâce à laquelle on a pu faire naître Thomas.
Je me suis assez vite demandé pourquoi nous n'étions pas mieux installés (il paraît que c'est mon coté " fils unique "…), et qu'il serait quand même mieux d'avoir une personne ou deux dédiées pour un accouchement. Et pourquoi pas dans un lieu plus avenant qu'un hôpital…chez Larousse, ils ont oublié de mettre " maladie " pour définir " grossesse "…
Triphine a commencé à parler de sages-femmes qui pratiquaient l'accouchement à domicile…nous n'étions pas bien chaud…je pensais qu'il devait bien y avoir des établissements susceptibles d'accueillir des femmes pour accoucher, avec de vraies chambres, et seulement si nécessaire, une structure médicale ou/et des moyens d'accès rapides à un hôpital.
Puis, au fur et à mesure de nos discussions, ne trouvant rien d'autre nous donnant satisfaction, nous nous sommes dis pourquoi pas : nous habitons tout près de l'hôpital " au cas ou ", on peut même prévoir un ambulance en bas de la maison si besoin,…
Finalement, l'accouchement, c'est quelque chose qui a fonctionné de manière autonome à quelques reprises depuis quelques années…est-ce que ça nécessite une véritable infrastructure de manière systématique ?
Les discussions et le temps que nous avons passé avec Isabelle m'ont complètement rassuré…
Triphine forcement un peu stressée, et le bébé qui ne se retourne pas, mais Isabelle nous rassure encore…même si je conseille un beau kiné à St Malo à Triphine.
Nous avons rendez-vous à la clinique pour une version le mercredi 13 avril 2005. Le premier looping de Maïa…qui fait le bonheur de ses parents et de toutes les personnes que Triphine a pu rencontrer pour le préparer.
Et c'était parti pour 72 heures de contractions…
J'aurais sûrement été plus stressé en Allemagne les 2 jours suivants, si Triphine avait eu comme seule présence un bel hôpital suréquipé…
De retour à la maison dans la nuit de Vendredi à Samedi, nous avons essayé de nous reposer, tant bien que mal… Et le samedi soir un petit coup de fil à Isabelle qui nous a rejoint vers 22 heures à la maison…et qui annonce à Triphine l'avancement de son travail…un premier encouragement…
Après quelques allers et venues entre la salle de bains, le lit et la chaise, quelques massages, des encouragements, et quand même pas mal d'énergie de la part de Triphine, c'est vers 6h30 que Maïa a pointé son nez…
Et là, c'est le bonheur : on est bien, chez nous, au chaud, on fait ce que l'on veut, on partage même un petit déjeuner…Triphine ne semble même pas avoir accouché.
Thomas nous rejoint dés le dimanche soir avec sa Mamie, son Papé est aussi là… le bonheur…
Quelques visites d'Isabelle dans les jours suivants, et ça y est, Maïa est bien partie dans la vie…avec des parents qui ne comprennent pas pourquoi les accouchements ont été " externalisés de manière systématique dans des sites de production non-dédiés "…heureusement quelques SAGES-femmes veillent…